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Nous sommes faits pour marcher - diaporama

Les Apennins... 1er juillet... Lucca...

La respiration s’accélère. La carcasse transpire. Le chemin se finit brutalement en pleine forêt. Il ne mène nul part. Une heure de folle montée pour rien. Terminus. La machine à marcher ne marche plus. La carcasse tombe dans une sorte de coma énergétique.

Avec douceur, la beace allonge la carcasse sur le sol. Elle lui donne un massage. Sort la gourde, lui lave le visage. Régulièrement, elle lui parle. Même si la carcasse ne peut pas répondre, la besace lui parle de la tendresse qu’elle ressent pour elle. Elle lui parle de la beauté des forêts d’olivier, de la douceur du vert argenté de ses feuilles.

La besace parle de l’olivier, de cet arbre triste et douloureux, qui se plie et se replie sur lui-même, comme rongé par un mal secret, qui s’accroche farouchement à une terre sèche et stérile. Mais dont les maigres fruits produisent une huile magique, vénérée depuis la nuit des temps comme le symbole de la lumière, de la paix, de la justice, de la miséricorde. En fait, je n’ai pas retenu tout ce qu’a dit la besace. Et de toute façon, c’est plutôt indiscret de savoir ce qu’une besace dit à sa bien aimée.

Mais le message est clair : c’est l’attention et la présence qui donnent le véritable sens de la marche.





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