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Aquarelles à Compostelle - Petit diaporama

Santiago, le botufumario...

Arriver à Santiago, c'est cueillir le fruit sorti de la terre et mûrit au soleil. C'est une libération. Arriver à Santiago après deux mois de chemin, c'est s'offrir le plus gros " Rebirth " que la Vie puisse nous donner. La fête commence. La fête qui chante les statues. Il n'y a plus de balises. Il n'y a plus de chemin. Les dés sont jetés.

Dans la cathédrale de Santiago, le plus grand encensoir du monde, le Botufumario. Il purifiait au moyen-âge les vêtements des pèlerins. Comme un capteur de rêve, il pendule encore aujourd'hui ses parfums de transcendance vingt mètres au-dessus de nos besaces. Les dés sont jetés. Les têtes prennent le tournis. Ne pas oublier de respirer.

Ça tourne de plus en plus. Les fontaines coulent sans retenue. La giration s'accélère. Garder les yeux ouverts. La giration envahie l'être dans son entièreté. Sous l'effet de la force centrifuge, la besace trop pleine pèse cent kilos. Elle est saisie de tremblements convulsifs. Elle va craquer. Ça y est, elle explose. Le Botufumario crache les résidus des peurs brûlées tout au long des mille huit cent kilomètres de chemin. Il libère la besace des questions engrangées. Le précieux nuage s'étire, virevolte au-dessus de nos têtes.

En un clin d'œil, la besace s'est vidée à jamais des questions désormais inutiles.





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